Acné du Chat : Approche Diagnostique

Acné du chat

 A retenir

Causes nombreuses

Eliminer d’abord les causes parasitaires et infectieuses

Par les Drs Prélaud dip ECVD, Cochet-Faicre dip ECVD et Briand resident ECVD

Minimum d’examens complémentaires

Raclages

Trichogramme

Cytologie de surface

On englobe fréquemment et de façon impropre sous le terme générique d’acné féline toutes les lésions inflammatoires du menton. Si certaines sont parfois de réelles lésions d’acné, il existe en fait une multitude de causes parasitaires, infectieuses ou allergiques responsables du développement de lésions du menton chez le chat.

C’est pourquoi une démarche diagnostique rigoureuse doit être suivie pour éviter l’évolution vers des formes graves.

 Etiologie

Il s’agit d’un trouble primaire de la cornéogenèse secondairement infecté localisé à une zone riche en glandes sébacées : le menton. La cause de l’acné chez le chat est mal connue. Certaines formes apparemment contagieuses ont fait suspecter une origine virale ou environnementale, mais ces hypothèses n’ont jamais pu être étayées.

D’autres maladies comme une dermatite à Malassezia ou une démodécie peuvent se développer sur les mêmes zones de prédilection, d’où un aspect clinique identique qui nécessite un diagnostic différentiel rigoureux

Signes cliniques

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Les lésions sont variables, allant de la simple tuméfaction du menton en passant par la présence de manchons ou de croûtes brunes, voire la présence de pustules ou de kystes.

Le prurit est généralement présent. L’association à d’autres lésions dermatologiques évoque une dermatite allergique : lèvres, tempes, abdomen.

Diagnostic

Le diagnostic différentiel (tableau I) et le diagnostic des complications infectieuses imposent dans un premier temps des raclages cutanés, un examen cytologique et un trichogramme. Ils permettent d’identifier la présence de bactéries, de Malassezia, de dermatophytes ou de Demodex. L’infiltrat inflammatoire s’il est très éosinophile oriente vers une dermatite allergique ou parasitaire, alors que s’il est granulomateux (granulocytes neutrophiles et macrophages) il est compatible avec un acné. Dans les formes rebelles, récidivantes ou de diagnostic différentiel difficile, un examen histopathologique est nécessaire. Lors d’infection récidivante ou de traitement difficile, un antibiogramme s’impose.