Une Race, un Spécialiste : 4. Le Golden Retriever vu par le Dermatologue

Le Golden retriever est devenu depuis les années 1990 une des races de chien les plus populaires en France, apprécié pour sa docilité, il est tout autant un chien de compagnie qu’un chien de travail (chien guide…). Sa popularité s’est accompagnée d’une augmentation spectaculaire des maladies génétiques et de la fréquence des cancers dans cette race. En dermatologie, le golden est surtout connu pour la grande fréquence d’une maladie génétique : l’ichtyose, qui atteint presque un tiers des animaux en France et aux Etats-Unis.

Ichtyose du Golden Retriever

Une ichtyose est une anomalie de formation de la peau. Au lieu d’être douce et lisse, elle est rugueuse et écailleuse, d’où son nom issu du grec ichthus, poisson.

Chez le golden retriever, la peau est squameuse dès le plus jeune âge (1-18 mois) : l’animal produit des quantités faibles à industrielles de pellicules.

La peau se pigmente très tôt dans l’évolution de la maladie. C’est un signe si précoce que l’on pourrait mettre en garde les futurs adoptants d’un chiot golden retriever d’éviter de choisir un chiot dont le ventre est noir, car ce sera plus tard un grand producteur de pellicules.

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Contrairement à ce que l’on observe dans de nombreuses ichtyoses chez l’homme, les animaux atteints ne sont pas prédisposés au développement d’autres maladies de peau. Certains (80% des chiots homozygotes) présentent une guérison complète passée la première mue.

Diagnostic

Le diagnostic est aisé cliniquement mais peut être confirmé par des biopsies cutanées qui mettent en évidence les anomalies de maturation de la couche cornée.

Il existe toutefois de nombreuses autres causes possibles de squamosis, comme une alimentation déséquilibrée, un défaut d’entretien, des parasites, etc…
Il existe désormais un test de dépistage disponible chez Antagène (PNPLA1).

Traitement

Il n’existe pas de traitement. On limite la déshydratation cutanée par une alimentation enrichie en acides gras essentiels et l’application quotidienne d’émollients. On peut tenter de limiter la formation de squames par l’utilisation de shampooings kératomodulateurs.

Un modèle pour l’homme

Alors que de nombreux gènes à l’origine de diverses ichtyoses de l’homme sont connus depuis longtemps, la découverte de l’anomalie génétique à l’origine de l’ichtyose du golden retriever a permis de découvrir de nouveaux mécanismes d’ichtyoses humaines rares (ichtyoses lamellaires congénitales récessives autosomiques) et ouvert de nouvelles voies de recherche.

Pour en savoir plus

Tamamoto-Mochizuki, C., et al. (2016). "Autosomal recessive congenital ichthyosis due to PNPLA1 mutation in a golden retriever-poodle cross-bred dog and the effect of topical therapy." Vet Dermatol.


Roethig, A., et al. (2015). "Is "milk crust" a transient form of golden retriever ichthyosis?" Vet Dermatol 26(4): 265-e257.


Grall, A., et al. (2012). "PNPLA1 mutations cause autosomal recessive congenital ichthyosis in golden retriever dogs and humans." Nat Genet 44: 140-147.

Guaguere, E., et al. (2009). "Clinical, histopathological and genetic data of ichthyosis in the golden retriever: a prospective study." J Small Anim Pract 50(5): 227-235.

Mauldin, E. A., et al. (2008). "The clinical and morphologic features of nonepidermolytic ichthyosis in the golden retriever." Vet Pathol 45(2): 174-180.