Une Race, un Spécialiste : 5. Le boxer vu par la neurologue

Le Boxer est une race d’origine allemande, créée initialement comme chien de défense. Il s’agit de chiens joyeux et très énergiques. Leur caractère patient et doux avec les enfants en fait un excellent compagnon de famille.

Les boxers sont prédisposés à de nombreuses maladies neurologiques, dont les plus notables sont la méningite suppurée aseptique, la myélopathie dégénérative et les tumeurs cérébrales primaires.

Méningite suppurée aseptique

La méningite suppurée aseptique, également nommée méningite-artérite répondant aux corticoïdes, est une maladie dysimmunitaire systémique, caractérisée par des lésions inflammatoires des méninges et de ses artères. Tout chien peut développer cette maladie, mais une forte prédisposition est connue chez certaines races, notamment le boxer. Les signes cliniques apparaissent chez de jeunes animaux (6 – 18 mois). Les animaux atteints présentent une démarche raide associée à une cervicalgie marquée et une hyperthermie. L’examen neurologique appendiculaire et des nerfs crâniens est généralement normal. L’analyse du liquide cérébrospinal (LCS) met en évidence une pléocytose (augmentation du nombre de globules blancs) neutrophilique marquée et une augmentation de la protéinorachie. Une des caractéristiques uniques de la maladie est l’augmentation des immunoglobulines IgA dans le LCS et le sérum, ainsi qu’une augmentation de la protéine C-réactive sérique (CRP). Le diagnostic de la méningite suppurée aseptique repose sur des signes cliniques évocateurs de la maladie sur un jeune chien présentant des modifications caractéristiques du LCS. Une recherche d’agents infectieux, peut être effectuée pour exclure les méningites infectieuses (bactériennes, protozoaires). Un traitement de plusieurs mois (moyenne de 8 mois) avec des corticoïdes à dose initialement immunosuppressive, pouvant être associée à des molécules immunomodulatrices adjuvantes, permet la résolution rapide des signes cliniques. Le suivi thérapeutique s’appuie sur des analyses de LCS répétées ou un contrôle sérique de la CRP. Les signes cliniques peuvent récidiver en cours de traitement ou après son interruption (parfois plusieurs mois plus tard). Toutefois, le boxer semble présenter moins de risque de récidive comparé à d’autres races, comme le bouvier bernois.

Myélopathie dégénérative

La myélopathie dégénérative est une maladie neurodégénérative de la moelle épinière des chiens adultes, qui se traduit cliniquement par une parésie et une ataxie d’apparition progressive, affectant principalement les membres postérieurs. L’âge moyen d’apparition des signes sur cette race est de 9 ans. Le diagnostic définitif nécessite un examen histologique post-mortem. Une origine génétique a été démontrée chez le boxer. Un test génétique pour la mutation responsable est disponible, mais le clinicien doit être prudent quant à l’interprétation des résultats : un chien muté homozygote peut ne pas manifester cette maladie. Toute autre cause de myélopathie notamment compressive (p.ex. hernie discale ou tumeur) ou inflammatoire doit être exclue, avant de conclure à un diagnostic de myélopathie dégénérative.

Tumeurs cérébrales primaires

Les boxers font partie des races les plus prédisposées aux tumeurs cérébrales primaires, notamment les gliomes. Une étude sur 173 cas de néoplasie intracrânienne primaire, rapporte que 21% des cas d’astrocytome et 37% des cas d’oligodendrogliome concernent des boxers. Le rôle de l’imagerie en coupes (IRM, scanner) dans le diagnostic des gliomes cérébraux est primordiale. Le pronostic des gliomes est généralement sombre. Leur résection chirurgicale est rarement réalisée chez les animaux, du fait de leur extension au sein du parenchyme cérébral et de leur nature infiltrante, rendant difficile leur exérèse complète. De nombreux protocoles de radiothérapie sont rapportés pour le traitement des tumeurs cérébrales primaires chez les animaux de compagnie. Une étude de 2008 de 83 cas traités par radiothérapie hypofractionnée, rapporte une médiane de survie de 40.4 semaines pour 34 chiens présentant des tumeurs évocatrices de gliomes.

 

Pour en savoir plus

  • Coates JR, Wininger FA. Canine degenerative myelopathy. Vet Clin Small Anim, 2010, 929-950.
  • Tipold A, Schatzberg SJ. An update on steroid-responsive meningitis-arteritis. J Small Anim Pract, 2010, 51 (3) : 150- 151.
  • Behr S, Cauzinille L. Aseptic suppurative meningitis in juvenile boxer dogs : retrospective study of 12 cases. J Am Anim Hosp Assoc, 2006, 42 (4): 277- 282.
  • Snyder JM, Shofer FS, Van Winkle TJ, Massicotte C. Canine Intracranial Primary Neoplasia : 173 cases (1986 – 2003). J Vet Intern Med, 2006, 20 (3) : 669-675.

 

  • Brearley MJ, Jeffery ND, Phillips SM, Dennis R. Hypofractionated Radiation Therapy of Brain Masses in Dogs: A Retrospective Analysis of Survival of 83 Cases (1991–1996). ). J Vet Intern Med, 2008, 13 (5) : 408- 412