IRM dans le diagnostic de choléstéatome (tympanokératome)

Le cholestéatome (ou tympanokératome) est une néoformation autonome non cancéreuse de l’oreille moyenne.

S’il n’est pas traité chirurgicalement à temps, le tympanokératome détruit l’oreille moyenne (baisse d’audition, abcès de la région tympanotemporale, paralysie faciale, syndrome de Horner), l’oreille interne (syndrome vestibulaire) et peut s’étendre aux structures intracraniennes (méningite, abcès, empyème). Ces complications graves peuvent mettre le pronostic vital de l’animal en jeu. Elles justifient un diagnostic précoce afin de pouvoir proposer le traitement chirurgical adapté au moment où celui-ci présente les meilleures chances de succès.

Le diagnostic de tympanokératome chez le chien est très souvent tardif car les signes précurseurs ne sont pas spécifiques (otite externe chronique). A un stade clinique avancé, le diagnostic de cholestéatome est clinique (oto-endoscopique) et cyto-histologique. L’examen scanner est utile à ce stade, en complément, pour préciser l’étendue des complications locales.

A un stade lésionnel plus précoce, le diagnostic de tympanokératome par oto-endoscopie et par scanner peut être plus délicat chez le chien.

Chez l’homme lors de suspicion clinique de cholestéatome l’examen scanner est réalisé en première intention. L’IRM est indiquée en cas de doute avec une autre lésion de l’oreille moyenne et lors de suspicion de complications méningo-encéphaliques. L’IRM est aussi la modalité de choix pour le suivi des patients après excision chirurgicale de cholestéatome afin de dépister précocement les récidives.

Les machines IRM haut champ de dernière génération proposent une séquence particulière dite de « Diffusion non-EPI », dédiée à la recherche des cholestéatomes. Chez l’homme, le cholestéatome apparaît en séquence de Diffusion non-EPI sous l’aspect d’une lésion blanche (en hypersignal) avec baisse du coefficient d’ADC (ADC = coefficient automatiquement calculé par la machine). Cette séquence permet de détecter les cholestéatomes avec une sensibilité de 81 à 93% et une spécificité de 87 à 100% (VPP : 96 à 100% et VPN : 75 à 85%).

La fiabilité de la séquence de diffusion non-EPI dans le diagnostic du cholestéatome chez le chien n’est à ce jour pas connue.

Le service d’Imagerie Médicale du CHV ADVETIA et le service d’Imagerie Médicale d’Oniris conduisent ensemble une étude prospective dont l’objectif est de déterminer la fiabilité de l’IRM dans le diagnostic du cholestéatome chez le chien.

Selon les résultats de cette étude actuellement en cours, en cas de fiabilité élevée de la séquence de Diffusion non-EPI dans le diagnostic du cholestéatome chez le chien, l’IRM haut champ pourrait être justifiée chez les chiens atteints d’otite externe sans évidence clinique de complication, notamment dans les races prédisposées au cholestéatome, dans le but d’identifier les cholestéatomes à un stade précoce et augmenter les chances de succès du traitement chirurgical.

Les images ci-jointes présentent l’aspect d’un cholestéatome dans les deux bulles tympaniques d’un chien en séquence T2 (1a) et Diffusion non-EPI (1b) et l’aspect d’une otite chronique non cholestéatomateuse bilatérale chez un autre un chien dans les mêmes séquences T2 (2a) et Diffusion non-EPI (2b).
La séquence T2 ne permet pas de distinguer les deux entités car celles-ci apparaissent de manière similaire en hypersignal (images 1a : cholestéatome des deux bulles pointé par les flèches rouges – image 2a : otite moyenne bilatérale non cholestéatomateuse avec contenu des bulles pointé par les flèches vertes).
La séquence de Diffusion non-EPI distingue le cholestéatome qui apparaît en hypersignal (image 1b, flèches rouges) d’une otite non cholestéatomateuse  pour laquelle le contenu des bulles est en isosignal (image 2b : contenu des bulles, flèches vertes). Clichés service d’imagerie ONIRIS