Les Tumeurs de la Bouche

Les tumeurs touchant la bouche, les annexes salivaires, la mâchoire ou la face sont des présentations cliniques fréquentes. Selon le type de tumeur, elles peuvent apparaître dès le jeune âge, notamment celles provenant des ébauches dentaires (plus fréquemment bénignes) ou chez des individus plus âgés (plus fréquemment cancéreuses). Quelque soit le type tumoral, la gestion chirurgicale constitue le plus souvent le standard de soin. Une détection précoce demeure néanmoins indispensable, afin de stopper la progression de la maladie.

La bouche : région critique 

Véritable carrefour des voies aéro-digestives supérieures, constitué d’une multitude de tissus différents et muni d’extensions sensorielles provenant du système nerveux central, cette région revêt une importance critique. Toute altération peut induire des retentissements importants sur la capacité de l’individu à couvrir ses besoins vitaux, notamment se nourrir et respirer. L’absence de parole rend par ailleurs les animaux de compagnie particulièrement vulnérables dans la détection précoce de certaines tumeurs. De ce fait, une inspection régulière de la bouche par les maîtres est préconisée, idéalement quotidiennement, à la faveur de soins d’hygiène bucco-dentaire.

Tumeurs de la bouche : des causes méconnues

Alors que la pathologie carcinologique est largement dominée par un seul type tumoral dans les localisations cervico-faciales chez l’homme et chez le chat (carcinome epidermoïde), le chien présente fréquemment des diagnostics plus variés (e.g. mélanome malin buccal, fibrosarcome, ostéosarcome , mastocytome, plasmocytome, tumeurs odontogènes). Chez l’homme, la consommation d’alcool et de tabac constitue de loin la cause la plus fréquente d’induction de cancers dans la région. L’exposition aux ultraviolets (UV) constitue également un facteur de risque connu dans l’apparition des cancers de la peau (mélanome). Par ailleurs, certaines causes virales, telles que les papillomavirus humains (HPV) sont également fréquemment impliqués dans certaines localisations, notamment oropharyngées. A défaut de causes virales, qui sont néanmoins identifiées sporadiquement chez les animaux de compagnie, une apparition spontanée semble plus fréquente. Néanmoins, certains facteurs environnementaux, tels que le tabagisme passif, certaines pipettes antiparasitaires ou la nourriture industrielle en boîte seraient possiblement incriminés chez le chat, bien que peu de données soient encore disponibles à ce sujet.

Tumeurs de la bouche : toujours la même approche thérapeutique

L’importance d’une détection précoce n’est plus à prouver chez l’homme ou chez les animaux de compagnie. Elle doit motiver la réalisation d’un examen approfondi, parfois sous anesthésie générale, d’un bilan d’extension locoregional et à distance, afin d’identifier d’éventuelles métastases (généralement scanner +/- IRM), ainsi que des biopsies, afin d’établir un diagnostic, un pronostic et proposer une prise en charge adaptée au patient selon le stade de sa maladie.

L’exérèse chirurgicale avec des marges carcinologiques (de sécurité) constitue actuellement la première ligne de traitement dans la majorité des cancers envahissant le massif cranio-maxillo-facial, pour peu que le stade de la maladie ne soit pas trop avancé. La reconstruction du défaut tissulaire demeure un des plus grands challenges, afin de recompartimenter les différents étages (e.g. buccal, naso-sinusien, orbitaire, neuro-crâne) et ainsi restaurer les différentes fonctions de la région. Même si l’aspect esthétique peut sembler secondaire chez les animaux de compagnie en comparaison aux humains, chez lesquels la face constitue l’interface sociale, il est bien souvent nécessaire de l’appréhender correctement, car il va de pair avec la restauration de la fonction et l’acceptation de l’intervention.

Des traitements adjuvants peuvent être nécessaires dans certaines situations (radio-chimiothérapie, thérapie ciblée, immunothérapie) comme chez l’homme. Des présentations cliniques avancées, ne constituant pas de bonnes indications chirurgicales, peuvent néanmoins bénéficier d’alternatives thérapeutiques. Celles-ci nécessitent une concertation pluridisciplinaire, ainsi qu’avec les maîtres.

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